1974: Fermeture officielle des frontières belges à l'immigration

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Modèle:Suppression Modèle:Wikification Modèle:Résumé introductif En 1974 la Belgique a renforcé sa politique migratoire[1]. La fermeture officielle des frontières a fait croire que l'accès légal au marché du travail était interdit aux étrangers[2]. Toutefois le permis de travail permet un apport ponctuel de main d'œuvre[3].

La Belgique a toujours été un pays sujet à l'immigration. En fonction des différentes périodes de l'histoire du pays, les motifs de ces déplacements volontaires seront différents. La politique d’immigration en Belgique est une notion récente, «c’est une action organisée en fonction d’un plan. On donne à l’immigration la teneur socio-économique propre à l’acceptation d'aujourd’hui».[4] Avant, on parlait plutôt de législation sur les étrangers avec par exemple les notions de séjour ou de statut des étrangers. Jusqu'à la fin du 19ème siècle, les migrants venaient principalement des pays limitrophes. Aujourd’hui, la migration en Belgique, "se caractérise par une très grande diversification des nationalités".[5] Le pays compte maintenant un pourcentage d'étrangers supérieur à 8% dont 28% dans la Région de Bruxelles-Capitale. Les nationalités qu'on retrouve le plus régulièrement parmi ces migrants sont les Italiens (190.000), les Français (110.00), les Néerlandais (92.000), les Marocains (90.000), les Turcs (45.000) et les Espagnols (44.000). Rien qu'en reprenant ces six nationalités, on atteint plus de 70% des étrangers en Belgique.[6].

Contexte historique

Première guerre mondiale

Les réfugiés belges à l'étranger

Au 19ème siècle, la Belgique est plus un pays d'émigration que d'immigration : il y a beaucoup plus de belges dans des pays étrangers que d'étrangers sur le territoire belge. D'ailleurs lors de la première guerre mondiale, l'invasion des troupes allemandes et sa misère collatérale ont conduit à l'émigration de millions de belges (entre 1.300.00 et 1.500.000)[7] qui vont trouver refuge à l'étranger. Ce phénomène se limitait aux pays limitrophes de la Belgique ; Les Pays-Bas dont l'armée fut appelée pour fournir l'aide logistique et humanitaire, la France et la Grande-Bretagne. Cependant, la majorité de ces réfugiés vont très vite revenir au pays étant donné que le gouvernement allemand a garanti la liberté individuelle aux belges qui revenaient sur leur territoire[8].

Besoin de main d'œuvre d'après-guerre

C'est à partir de la première guerre mondiale que la Belgique devient un pays d'immigration et plus particulièrement d'immigration ouvrière. La Belgique ainsi que d'autres pays d'Europe sortaient de la première guerre mondiale avec tout un pays à reconstruire (routes, bâtiments etc.)[9] Le secteur minier, en particulier, a "stimulé la migration vers la Belgique" pour besoin de main d'œuvre[10] car les mines qui exploitaient le charbon devait "tourner à plein régime"[11]. Il fallait donc plus de travailleurs non pas parce que La Belgique manquait de main d'œuvre mais parce qu'à cette époque, il n'y avait plus "suffisamment de belges qui acceptaient de faire certains travaux pénibles et mal payés"[12]. La main d'œuvre venait d'abord de France, puis de l'Italie, de Pologne, pour aller jusqu'en Afrique du Nord.[13] Ils arrivaient la plupart du temps en Belgique, seuls, sans leur famille et avait le droit de rester sur le territoire belge que sur une période de cinq ans. Par la suite, ils ont eu le droit de faire venir leur famille, ce qui a engendré un nouveau phénomène; le regroupement familial.[14] Néanmoins, cette situation va changer dans les années 1930 avec la crise économique. Le gouvernement voulait limiter l'entrée des étrangers[15] car il n'y avait plus assez de travail pour tout le monde. Plusieurs ouvriers se retrouvèrent au chômage et étaient alors renvoyés dans leur pays.[16] C'est dans ce contexte que la Belgique met en place la première réglementation sur la main d'œuvre étrangère ; un arrêté royal du 15/12/1930 qui "instaure que les étrangers qui désirent travailler en Belgique doivent préalablement obtenir l'autorisation du Ministre de la Justice". L'immigration devient alors une politique de l'Etat et plus seulement des entreprises[17].

Deuxième guerre mondiale

Besoin de main d'œuvre d'après-guerre, immigration par contingents
Suite à la Seconde Guerre mondiale, les pays européens vont encore utiliser l'immigration pour combler le manque de main d'œuvre. Une vague d'accords bilatéraux verront le jour entre la Belgique et les pays d'origine des immigrés.[18] En effet, l’État gère le recrutement de travailleurs à l’étranger, en signant des accords avec différents pays et en organisant de véritables convois de travailleurs pour reconstruire son économie. Le premier accord est signé en 1946 avec l’Italie qui enverra 50 000 travailleurs en Belgique[19] et ce nombre d’Italiens sur le territoire belge ne cessera d’augmenter, malgré des conditions de vie difficiles et des catastrophes minières. L'immigration par contingents commence[20].

Cela va s'intensifier lorsque la croissance économique de la Belgique va fortement augmenter ; les pays de recrutement vont se diversifier. "Au fil du temps, cette migration de travail est devenue une immigration de peuplement pour répondre à des besoins démographiques et aux exigences patronales de stabilisation de main d'œuvre".[21] La Belgique deviendra le pays de la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier) qui occupe le plus de travailleurs étrangers.[22] Le pays passe alors d'une immigration de travail à une immigration de peuplement.

Nouvelle législation relative à l'immigration[23]

Laisser-faire migratoire

Au début des années 1960, "la demande de main d'œuvre est tellement importante que le Ministère de la Justice n'applique plus à la lettre la législation relative à l'immigration". Beaucoup d'étrangers vont alors se retrouver sur le territoire belge sans emploi. C'est l'immigration clandestine qui commence : de nombreux travailleurs immigrés cherchent du travail une fois arrivé en Belgique et seulement après régularisent leur séjour. En 1967, le gouvernement souhaite mettre fin à cette entrée clandestine et décide d'appliquer strictement la législation en vigueur "en raison de la baisse de la conjoncture économique et de l’augmentation du chômage".

Construction européenne

Toujours en 1967, une nouvelle législation organisant l'attribution du permis de travail est adoptée : elle vise à mieux contrôler les flux d'entrée d'immigrés dans le pays. Cette législation doit prendre en compte la construction européenne c'est-à-dire, le respect des normes du Traité de Rome qui prévoit entre autre, la libre circulation des travailleurs. Donc à partir de 1968, les immigrés faisant parti de l'Union européenne "peuvent franchir les frontières sur simple présentation du passeport ou de la carte d'identité" et peuvent avoir un travail rémunéré sans permis de travail sauf pour les emplois publics. Ce changement a impliqué une vision différente des immigrés ; on ne les voit plus comme des étrangers, mais comme des européens.

1974 : Fermeture officielle des frontières

En 1968, la CEE (Communauté Economique Européenne) avait déclaré dans une décision que tous les travailleurs des pays membres avaient le droit de s'installer dans un autre pays européen pour y travailler.[24] Mais à la fin des années soixante, la croissance économique belge ralentit, le taux de chômage s'accroit, ce qui poussent les pouvoirs publics à revoir leur politique d'accès des immigrés au territoire. En mars 1969, le ministre de l'emploi et du travail propose des mesures pour diminuer l'attribution du permis de travail comme de refuse d'en accorder aux personnes arrivées en Belgique sans emploi. Ensuite, on empêche "l'accès aux immigrés à un emploi dans un secteur autre que celui pour lequel ils ont été autorisés à séjourner". Enfin, on veut expulser les étrangers au chômage mais face aux réactions des organisations syndicales, cette mesure sera rapidement mise de côté.

Le nombre de permis de travail va donc fortement décroître à partir de 1968. Beaucoup de secteurs qui utilisaient la main d'œuvre étrangère vont rencontrer des difficultés, ce qui augmentera le taux de chômage et les problèmes économiques.[25] Le gouvernement face aux difficultés économiques rencontrées devra durcir le système en prenant d'autres mesures : le 1er août 1974, le gouvernement décide de stopper l'immigration de travailleurs étrangers[26] due à la détérioration de la situation économique générale avec comme seules exceptions les personnes hautement qualifiées, le regroupement familial, les étudiants étrangers et le droit d’asile[27] . Cette décision qui "s'apparente à l'arrêt officiel de l'immigration s'accompagne d'une politique de régularisation des étrangers séjournant clandestinement en Belgique : 9 000 étrangers bénéficieront de cette politique et se verront délivrer un titre de séjour en 1975".[28] C'est la période de « l’immigration zéro".

Mais paradoxalement, on voit augmenter le nombre d'étrangers.[29] C'est la législation sur le regroupement familial, le statut d'étudiant étranger et le droit d'asile qui on permit le maintien de ce flux migratoire. La Belgique n'a en réalité jamais cessé d'être un pays d'immigration, de nouveaux migrants continuant d'entrer soit de manière légale ou soit de manière illégale. C'est justement les mesures "drastiques" qui ont fait augmenter l'émergence d'un nombre de sans-papiers.

L'immigration de 1974 à aujourd'hui

De 1974 à 1991

Plusieurs étrangers finiront donc par être régularisés et obtenir la nationalité belge. En 1984, "la nationalité est accordée aux enfants de couple mixte et en 1991 aux enfants de la troisième génération". Au total, environ 100.000 personnes obtiendront la nationalité belge grâce à ces deux normes législatives. Cependant il y a encore beaucoup d'immigrés sans papier et tout au long des années 1990, le gouvernement belge mènera une campagne de régularisation de ces sans-papiers.

Depuis 1991

Depuis les années 2000, l'accroissement de l'immigration est important. En 2010, on atteignait 140.375 immigrations et 138.071 en 2011.[30] Chaque année ces chiffres augmentent de plus en plus. Les citoyens de l'UE (Union Européenne) arrivent en tête des immigrations vers la Belgique (la Roumanie, la France, les Pays-Bas, Pologne, Italie, Espagne, Bulgarie).

Conclusion

La Belgique est devenue, sans s'en rendre réellement compte, un pays d'immigration définitive, l'immigration contribuant à la diversification de la société belge sur tous les plans. Aujourd'hui, plusieurs dizaines de nationalités coexistent sur le territoire belge.

Sur le plan économique, l'immigration a également permis à la Belgique de se remettre sur pied suite aux guerres qu'elle a pu vivre. Elle aura tendance, à chaque période de croissance économique, à va faire appel aux étrangers tandis que les crises économiques déclencheront, au contraire, une fermeture des frontières ou un durcissement des conditions d’accès. Cependant, la Belgique est devenu une véritable société multiculturelle.

Notes et références

  1. Modèle:Lien web.
  2. Modèle:Lien web.
  3. Modèle:Lien web.
  4. sous la direction de A. MORELLI, Histoire des étrangers et de l'immigration en Belgique, de la préhistoire à nos jours, Bruxelles, Editions Vie ouvrière, 1992
  5. X., Histoire de l’immigration en Belgique au regard des politiques menées, http://www.vivreenbelgique.be/11-vivre-ensemble/histoire-de-l-immigration-en-belgique-au-regard-des-politiques-menees
  6. J. BURNOTTE, "Immigration: Etat des lieux", le CEPAG, avril 2010
  7. X., Histoire de l’immigration en Belgique au regard des politiques menées, http://www.vivreenbelgique.be/11-vivre-ensemble/histoire-de-l-immigration-en-belgique-au-regard-des-politiques-menees
  8. X., Histoire de l’immigration en Belgique au regard des politiques menées, http://www.vivreenbelgique.be/11-vivre-ensemble/histoire-de-l-immigration-en-belgique-au-regard-des-politiques-menees
  9. A. THIBAUT, Belgique : l’immigration a une histoire, https://www.laligue.be/leligueur/actujeunes/Belgique-l-immigration-a-une-histoire, 2014.
  10. X., Histoire de l’immigration en Belgique au regard des politiques menées, http://www.vivreenbelgique.be/11-vivre-ensemble/histoire-de-l-immigration-en-belgique-au-regard-des-politiques-menees
  11. A. THIBAUT, Belgique : l’immigration a une histoire, https://www.laligue.be/leligueur/actujeunes/Belgique-l-immigration-a-une-histoire, 2014
  12. A. THIBAUT, Belgique : l’immigration a une histoire, https://www.laligue.be/leligueur/actujeunes/Belgique-l-immigration-a-une-histoire, 2014
  13. sous la direction de A. MORELLI, Les émigrants belges, Bruxelles, Editions Vie ouvrière, 1998
  14. A. THIBAUT, Belgique : l’immigration a une histoire, https://www.laligue.be/leligueur/actujeunes/Belgique-l-immigration-a-une-histoire, 2014
  15. C. GOLIN, "Brève histoire de l’immigration en Belgique", L'essentiel, 2010
  16. sous la direction de A. MORELLI, Les émigrants belges de la préhistoire à nos jours, Bruxelles, Editions Vie ouvrière, 1998
  17. X., Histoire de l’immigration en Belgique au regard des politiques menées, http://www.vivreenbelgique.be/11-vivre-ensemble/histoire-de-l-immigration-en-belgique-au-regard-des-politiques-menees
  18. M. GODIN et A. REA, Inscrits dans une histoire, http://www.changement-egalite.be/spip.php?article1134, 2008.
  19. C. GOLIN, "Brève histoire de l’immigration en Belgique", L'essentiel, 2010.
  20. J. BURNOTTE, "Immigration: Etat des lieux", le CEPAG, avril 2010
  21. M. GODIN et A. REA, Inscrits dans une histoire, http://www.changement-egalite.be/spip.php?article1134, 2008.
  22. X., Histoire de l’immigration en Belgique au regard des politiques menées, http://www.vivreenbelgique.be/11-vivre-ensemble/histoire-de-l-immigration-en-belgique-au-regard-des-politiques-menees
  23. Ce point fut fortement inspiré par: M. MARTINIELLO et A. REA, Une brève histoire de l'immigration en Belgique, Bruxelles, décembre 2012
  24. A. THIBAUT, Belgique : l’immigration a une histoire, https://www.laligue.be/leligueur/actujeunes/Belgique-l-immigration-a-une-histoire, 2014.
  25. M. MARTINIELLO et A. REA, Une brève histoire de l'immigration en Belgique, Bruxelles, décembre 2012
  26. C. GOLIN, "Brève histoire de l’immigration en Belgique", L'essentiel, 2010.
  27. J. MAZZOCCHETTI, « Fermeture des frontières et liens transnationaux : un terrain auprès de primo-migrants africains en Belgique », Autrepart 1/2011 (n°57-58)
  28. M. MARTINIELLO et A. REA, Une brève histoire de l'immigration en Belgique, Bruxelles, décembre 2012
  29. X., Histoire de l’immigration en Belgique au regard des politiques menées, http://www.vivreenbelgique.be/11-vivre-ensemble/histoire-de-l-immigration-en-belgique-au-regard-des-politiques-menees
  30. X., Histoire de l’immigration en Belgique au regard des politiques menées, http://www.vivreenbelgique.be/11-vivre-ensemble/histoire-de-l-immigration-en-belgique-au-regard-des-politiques-menees

Voir aussi

Bibliographie

  • sous la direction de MORELLI (A.), Les émigrants belges réfugiés de guerre, émigrés économiques, réfugiés politiques ayant quitté nos régions du XVIè siècle à nos jours, Bruxelles, Editions Vie ouvrière, 1998.
  • sous la direction de MORELLI (A.), Histoire des étrangers et de l'immigration en Belgique, de la préhistoire à nos jours, Bruxelles, Editions Vie ouvrière, 1992.
  • MARTINIELLO (M.) et REA (A.), Une brève histoire de l'immigration en Belgique, Bruxelles, décembre 2012.
  • BURNOTTE (J.), "Immigration: Etat des lieux", le CEPAG, avril 2010.
  • MAZZOCCHETTI (J.), « Fermeture des frontières et liens transnationaux : un terrain auprès de primo-migrants africains en Belgique », Autrepart 1/2011 (n°57-58).
  • GOLIN (C.), "Brève histoire de l’immigration en Belgique", L'essentiel, 2010.

Articles connexes

Liens externes

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